
Jusqu’à cette journée fatidique, Krakatoa était une île qui mesurait 9 km de long sur 5 km de large.
Elle était couverte d’une végétation luxuriante typique des régions tropicales humides.
Dormant depuis 1680, le Krakatoa s'est réveillé le 20 mai 1883. L'activité décroît pendant quelques semaines, mais, le 19 juin, de nouvelles explosions se produisent. Les bateaux continuent pourtant à emprunter le détroit de la Sonde : celui qui passe le 14 août navigue dans l'obscurité pendant quatre heures tellement les émissions de cendres sont épaisses.
L'apocalypse commence le 26 août à 13 heures : une violente explosion est entendue à plus de 50 km du volcan, suivie d'une autre, encore plus forte vers 14 heures, puis d'une série de détonations sans cesse plus violentes jusque vers 17 heures. L'explosion de 14 heures a été accompagnée de projections fantastiques de cendres dont une partie est propulsée à plus de 27 km de hauteur et dont une autre partie retombe, recouvrant tout dans un rayon de 160 km autour du Krakatoa, plongeant toute cette région dans une nuit totale.

A 10 h 02, le 27 août, vient enfin le pire, une explosion effroyable, le bruit le plus fort entendu par des oreilles humaines est entendu dans toutes les Indes néerlandaises bien sûr, mais aussi au centre de l'Australie, à Alice Springs, et dans le sud-ouest de l'océan Indien, dans l'île de Rodrigues, situées respectivement à 3 500 et à 4 800 km du Krakatoa. Dans un rayon de 160 km autour du volcan, la nuit est totale pendant vingt-deux heures, les vitrines éclatent, des becs de gaz s'éteignent.
Une mer colossale (aussi haute peut-être qu'un cocotier) déferle à plusieurs reprises les 26 et 27 août sur les côtes de Java et de Sumatra. Dans les régions basses bordant le détroit de la Sonde, tout est balayé, détruit, tordu, emporté par des vagues monstrueuses venant les unes après les autres.
A Merak, une vague de 46 m déferla sur la ville ; quand elle se retira, rien n’indiquait que l’endroit ait jamais été habité. A Teluk Betung, grand port de la région de Sumatra, l’eau monta à 22 m, nivelant tout.
Une oscillation anormale des eaux a été enregistrée par les marégraphes jusque dans le golfe de Gascogne et dans la Manche, à 18 000 km du lieu de la catastrophe.
Le bruit de l'explosion fut entendu sur environ un 12eme de la surface de la terre ce qui en ferait le phénomène sonore le plus important de l'histoire humaine.

Conséquences de l'éruption
Le panache de cendres volcaniques monta à 40 km dans l’atmosphère, accomplit plusieurs fois le tour du globe, et répandit suffisamment de particules pour abaisser la température moyenne mondiale de 0,25°C l’année suivante. Ces poussières furent également à l’origine des couchers de soleil flamboyants, puis rouge lie-de-vin qui inspirèrent nombres d'artistes, ainsi que des colorations vives inhabituelles de la lune. Dans plusieurs villes des États-Unis, des lueurs rougeoyantes furent prises pour des incendies et l’on fit appel aux pompiers.
Ces phénomènes, provoqués par la diffraction de la lumière par les particules de lave pulvérisées montées dans la stratosphère, se manifestèrent pendant environ trois ans.
Mais l’éruption a eu des effets bénéfiques sur l’environnement local. Un an seulement après le cataclysme, de l’herbe pointait sur les bouts d’îlots épargnés. Deux ans plus tard, 26 espèces de plantes y poussaient et en 1924, ces fragments de terre étaient recouverts d’une forêt dense. Les régions proches comme Lampung, infertiles avant l’éruption, devinrent très fertiles. Cela attira une population importante.
On estime par ailleurs que cette éruption permit la survie du rhinocéros de Java.
A Java, plus de 100 millions de personnes vivent sous la menace constante d’une trentaine de volcans. Mais la richesse des terres permet jusqu’à trois récoltes de riz annuelles.